Jean Delêtre

Publié le par CLE

Monde naïf, pas si naïf, poétique pullulement, dans chaque tableau/miroir, une invitation au voyage. Profusion aérienne, ironique et tendre !

Jean Delêtre

Je suis un grand observateur. Je porte le monde en dérision. Je m’attache à représenter la vie de chacun, avec ses qualités, ses défauts, ses aberrations. Parfois j’y ajoute des éléments grinçants. Mais il y a toujours plusieurs lectures possibles. C’est comme un livre, chacun est libre d’y puiser ce qu’il veut. 

Jean Delêtre met des mots sur les maux de notre vie courante, avec élégance et dérision, et nous embarque, éblouis, dans son voyage imaginaire.

L'art de la mise en scène,  comme une sorte d'antinomie dans son expression, tout au moins un jeu de composition qui perturbe et amuse à la fois.

Des éléments récurrents apparaissent comme des tours, des ponts, des maisons flottants dans les airs et des cabanes perchées dans les arbres. L'atmosphère est pesante ou grivoise, bouillonnante ou accablante. On remarque surtout une maîtrise de la mise en scène. La théâtralité minutieuse des situations, des expressions et des émotions nécessite une attention profonde.

L'artiste montre bien son souci du détail à travers l’exercice patient et rigoureux de son travail. La finesse du trait et de la couleur participe à la maîtrise de la perspective et de la composition. D'une part, on retrouve des paysages champêtres, ruraux qualifiés de bucoliques. Et d'autre part, des paysages désolés presque lunaires. On ne saurait situer l'action.

Le dessin est naïf mais la finesse de cette écriture joue de cette évidence.

L'image grouille, l'attention s'éparpille... Le tableau la sollicite partout à la fois, sans lui donner de raison de s'attarder là plus qu'ailleurs. Il est tentant de suivre chaque personnage, d'emboîter son pas, d'assister à une querelle, à une rencontre, de courir après cet autre ... les possibilités sont innombrables. Elles achèvent de donner le tournis.

Le peintre se sert d'expressions toutes faites pour jouer sur…  deux tableaux et, déjà, annoncer la couleur à partir du titre. Le ciel et la terre sont omniprésents, comme la grosse montre qui nous rappelle le temps qui passe, mais qui n'a pas de prise sur le travail de l'artiste, toujours aussi joyeux et rayonnant.

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